5 Petites histoires d’affiches et d’animaux

Comme j’adore les affiches, comme je traîne bien souvent sur Gallica, et comme certaines m’intriguent, je me retrouve à rechercher leurs histoires. Voici donc :

Voici Rudesindo Roche et ses 15 loups. Une meute qui s’est produite à Paris autour de l’année 1890. J’ai retrouvé ce texte, issu d’un livre de 1891 :

[Attention, si vous êtes défenseur des animaux, ces lignes peuvent vous heurter]

« Un dompteur de loups distingué, M. Rudesindo Roche, qu’on a admiré à Paris au Cirque d’hiver et qui fait avec ses quinze loups, le tour du monde, nous a confié, sous le sceau du secret, — c’est pour cela que nous nous empressons de la divulguer — sa recette pour venir à bout de ce sauvage animal.
Il le suspend tout bonnement pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures sur une planche, les jambes pendantes, la planche étant elle-même suspendue au plafond par quatre cordes fixées à ses quatre coins.
Au bout de ce temps, le loup, privé de sa « liberté la plus nécessaire », celle d’aller et de venir sans trêve ni repos, s’adoucit et daigne considérer avec un certain sentiment de reconnaissance la main qui le délivre de cet affreux supplice. »

Drôle d’histoire, celle du « théâtre et musée de la baleine » de Villerville.

Le 23 octobre 1893, une baleine s’échoue sur la plage de la ville normande. Elle sera rachetée par le chansonnier Simon Max qui, après avoir vendu l’huile et la chaire, utilisera la peau de l’animal pour y abriter… « théâtre, casino, concert, jeux divers et bains froids et chauds » ! Si l’affiche semble être généreuse avec les proportions, le cétacé pouvait cependant, dit-on, accueillir jusqu’à 99 spectateurs. La saison suivante, la baleine sera déplacée au Casino de Paris où, malheureusement, elle disparaîtra dans un incendie.


Vous pouvez retrouver Villerville et son Théatre Baleine sur la carte LPHI : http://www.lapetitehistoireillustree.com/carte/

Je vous présente le Kangourou Boxeur sur une affiche des Folies Bergère datant de 1895. Voici ce qu’en raconte Le Petite Parisien en 1893 :

« Les journaux de Londres retentissent depuis quelque temps du succès de rire que remporte chaque soir, au Royal-Aquarium, un Kangourou boxeur d’une rare originalité. Dès que cette nouvelle lui a connue, le directeur des Folies-Bergère est parti pour Londres, et, à prix d’or, a engagé le Kangourou modèle.
Demain, le programme si intéressant des Folies-Bergère sera donc augmenté de ce numéro uniques et avec lequel nulle comparaison ne peut être faite. »


Et l’animal marqua les esprits des Parisiens, puisque le couple de kangourous, qui fut amené à la ménagerie du Jardin des Plantes quelques années plus tard, fut annoncé comme appartenant à l’espèce des « Kangourous Boxeurs ».

Jack de Fer, un gars qui n’a rien compris à l’équitation. Voici ce qu’annonce la presse en février 1892 :

« Le prochain spectacle des Folies-Bergère comporte une nouvelle et grosse attraction : le début de « Jack de fer », un hercule dont la presse viennoise s’est occupée le mois dernier, et qui porte, paraît-il, à bout de bras, un cheval. Pour terminer ses exercices de force, il soutient sur sa poitrine une plate-forme sur laquelle repose un piano à queue et un orchestre de musiciens. C’est du moins ce qu’annoncent les affiches des Folies-Bergère. »

« En voulez-vous des z’homards ?« … alors? 

Cette revue de 1885 surfe sur la popularité d’une chanson de rue (un « cri populaire ») du même nom. 400 000 exemplaires vendus tout de même… on compte alors en partitions.

Voici le fameux refrain :

« Ah ! Les sales bêtes !
En voulez-vous des z’homards …. i’s ont du poil aux pattes ! »

La culture de la Belle Époque peut s’avérer mystérieuse 😉

À suivre…

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